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À l’occasion des 2 ans de Kolegz, la fondatrice, Marianne Lemay a été interviewée par Julie Bélanger pour parler de son parcours d’entrepreneure et des défis reliés à la création de son entreprise.

Voici la transcription complète de la vidéo

Saviez-vous que Kolegz a deux ans aujourd’hui?

Bonne fête Kolegz!

On en profite pour faire un profil d’entrepreneure sur la fondatrice, Marianne Lemay.

Q1 – Qu’est-ce qui t’a donné envie de créer ta propre entreprise?

— En fait, moi, je ne pensais même pas être entrepreneure dans ma vie, puis maintenant que je le suis, ça me semble évident que j’adore ça et que c’est fait pour moi, mais au départ, j’avais peur.

Je n’avais pas peur de ne pas faire assez d’argent, je n’avais pas peur de l’instabilité, j’avais peur de trop travailler.

Puis, la vie en fait en sorte que j’ai appris à prendre du temps pour moi, à m’arrêter.

J’ai eu un diagnostic de cancer en 2018, qui a fait en sorte qu’aujourd’hui, je prends beaucoup plus le temps de vivre, donc de travailler, mais de garder du temps personnel.

Et c’est ce qui a fait un peu le shift vers la création de mon entreprise, parce qu’à un moment donné, le médecin m’a regardé dans les yeux et il m’a dit :

« D’ici deux semaines, on va savoir si tu vas rester en vie ou pas. »

Donc, léger stress.

Ça a été un moment très difficile, mais je me suis dit que, si jamais je sors en vie de cette expérience-là, il faut que je fasse quelque chose avec cette deuxième vie-là, il faut que je vive ma passion, premièrement, et que j’aide plus de monde que si je suis seulement dans une entreprise.

Donc, j’ai eu envie d’aider les entreprises à mieux prendre soin de leurs employés, et dans un marché en pénurie de main d’œuvre comme aujourd’hui et comme depuis déjà plusieurs années maintenant, c’est vraiment quelque chose qui peut faire la différence.

Puis en étant en entreprise, je n’avais pas le même impact qu’en tant que consultante, parce que maintenant, je peux aider plusieurs entreprises à la fois.

Q2 – Les deux premières années sont cruciales pour une entreprise. Avec la pandémie, l’embauche de nouveaux employés, comment as-tu géré ça?

— C’est sûr que nous, on a emménagé dans nos supers beaux locaux en février 2020, et la pandémie est arrivée en mars 2020.

Ça a été tout un choc, honnêtement, les premières semaines, j’ai eu peur, j’ai eu envie de tout quitter, je recevais des appels à tous les jours pour canceller des projets, j’ai perdu beaucoup d’argent d’un coup, ça m’est rentré dedans, je ne le cacherais pas.

Puis, après ça, on a réussi à s’en sortir, le gouvernement a amené une subvention qui s’appelle la subvention PACME, qui a fait en sorte que nos services sont devenus gratuits pendant quelques mois, donc du moment où j’ai fait une publicité, on a été complets jusqu’à la fin de la subvention PACME, on est extrêmement reconnaissants de ça.

L’adaptation au télétravail a été plus facile que je pensais, parce qu’on faisait déjà à peu près 80 % de notre travail en télétravail.

Au niveau des clients, par contre, les gens, les employés étaient au bureau, il a fallu réapprendre à travailler en mode télétravail, mais notre gestion de projet est vraiment bien rodée, on fait des rencontres à tous les matins, des suivis de projets, et on planifie notre semaine à chaque vendredi, ensemble, on a beaucoup de contacts au-delà de l’aspect projet, des contacts humains aussi.

Par exemple, en fin de journée, on se fait toujours une bonne nouvelle de la journée, donc ce qui s’est passé de bien aujourd’hui, et chacune d’entre nous peut partager ce qu’elle a vécu.

Q3 – La thématique des desserts est très présente dans l’image de marque, d’où vient l’idée?

— L’idée est partie des sprinkles, les sprinkles, c’est des petits bonbons, comme on voit sur le beigne en arrière, c’est des petits bonbons qui sont colorés, qui sont éclatés, qui donnent une ambiance de fête, un peu, et ça fait vraiment partie du dynamisme de Kolegz qui était très important à partager, et j’ai eu l’aide de High5 Agence de marque, pour tout ce qu’il est de la création de mon logo et le concept des sprinkles.

Une fois qu’ils ont donné l’idée des sprinkles, j’ai décidé de l’exploser en concept des desserts.

Q4 – Bien que sympathique et ludique, est-ce que cette image a déjà causé des enjeux?

— Oui, définitivement.

C’est déjà arrivé qu’il y ait quelqu’un qui m’ait dit qu’on devrait mettre moins d’images de gâteaux, de rendre les photos plus sobres, de mettre moins de couleurs, que ça fait pas assez « corpo », ce à quoi j’ai répondu : Non!

Parce que c’est vraiment ce qui nous représente chez Kolegz, et c’est important de garder cette essence-là, et oui, évidemment que ça fait un écrémage, et ça n’attire pas les compagnies qui sont peut-être plus « corpo », mais c’est correct, parce que nous on veut travailler avec des entreprises qui ont le goût d’essayer de nouvelles choses qui sont dans ce dynamisme-là, qui partagent les mêmes valeurs que nous, donc ça nous fait une genre de sélection naturelle au niveau des clients.

Q5 – Quels sont les traits de personnalité importants chez un nouvel entrepreneur?

De quels genres de personnes doit-elle s’entourer?

Les traits importants pour être un nouvel entrepreneur, je dirais, c’est d’être passionné parce qu’on fait, ça c’est la première chose.

Tant que la passion est là, ça va bien aller.

Puis, d’être capable de se gérer, de s’arrêter quand c’est le temps.

Ce n’est pas facile quand on est passionné, alors ça peut devenir un défi.

Puis au niveau des traits de personnalité, ça va vraiment dépendre de qui vous vous entourez.

Si vous allez chercher des gens qui vous complètent bien, c’est là que vous allez vraiment vous concentrer sur ce que vous aimez et dans ce que vous être bon.

Il ne faut pas avoir peur de déléguer, par exemple, moi j’ai délégué ma comptabilité avec grand plaisir, ce n’est pas du tout ma partie préférée.

J’ai vraiment vu une plus-value, parce que le temps qu’on passe à faire des choses qu’on n’aime pas, c’est du temps qu’on ne passe pas à faire des choses qu’on aime, et on ne réussit pas, pendant ce temps-là, à bien faire les choses qu’on n’aime pas, donc ça ne peut pas bien aller, donc c’est pour ça que je pense que c’est important de se concentrer sur ses forces, puis plutôt que d’essayer de changer ses faiblesses, d’aller chercher des gens qui vont avoir les forces de nos faiblesses, pour compléter l’équipe.

Q6 – Marianne, comment vis-tu l’entrepreneuriat? Qu’est-ce qui t’as surpris et quelles leçons peut-on en tirer?

— J’ai appris que l’entrepreneuriat, c’est plus facile et plus difficile que je le pensais, dans le sens où au début, j’ai trouvé ça plus facile.

De commencer l’entreprise, je me suis vraiment bien organisée, ça a bien commencé et tout ça, ensuite s’en est suivi la Covid, s’en est suivi l’embauche d’employés, il y a plusieurs choses qui sont arrivées que là j’ai dit :

« Ok, là c’est ça, bâtir une entreprise, c’est plus être travailleur autonome, on bâtit une firme. »

Et c’est là que j’ai trouvé que les enjeux ont commencé à arriver, et c’est drôle, parce qu’avant de partir à mon compte, quand j’étais employée, je regardais mes dirigeants, et ça m’est arrivé, comme tout le monde, de les juger, un peu, et de dire :

« Bien voyons, pourquoi il réagit comme ça, ce n’est pas la fin du monde. »

Puis j’ai compris qu’en tant qu’entrepreneur, on est souvent préoccupé par un paquet de choses qui concernent l’entreprise, qui font que des fois, nos réactions peuvent être un peu bizarres.

Et j’ai été voir mon ancien patron et je lui ai dit :

« Je te comprends. »

Puis, c’est vraiment un beau moment qu’on a vécu, quand je lui ai partagé ça.

Je pense que c’est la même chose que d’avoir un enfant, tant qu’on n’en fait pas un, on ne le sait pas, ce que c’est.

C’est la même chose pour ce qui est de partir une entreprise.

Q7 – Si tu pouvais parler à la très jeune Marianne, que lui dirais-tu pour l’amener jusqu’à aujourd’hui?

— Je lui dirais : « Hey boy, tu ne sais pas ce qui t’attend dans la vie! »

Non, honnêtement, je lui dirais de foncer, de ne pas avoir peur, de ne pas se limiter à ses croyances limitantes, de ne pas se fier à son syndrome de l’imposteur, tout le monde est un peu un imposteur, puis au final, personne n’a vraiment confiance en lui, c’est juste qu’il y a des gens qui le cachent mieux que d’autres.

Q8 – La notoriété de Kolegz est déjà bien implantée pour une jeune pousse de deux ans. Quelles sont les aspirations futures pour l’entreprise?

— Maintenant, ça fait deux ans.

Ce que j’entrevois dans le futur, c’est d’aider encore plus d’organisations, de se développer sur la scène locale en Montérégie, mais aussi de développer le marché anglophone, dans un deuxième temps, on veut vraiment faire du Québec un meilleur endroit où travailler.

Puis, comme on est partis là, il n’y a rien qui va nous arrêter.

Merci à tous ceux qui nous ont suivis dans les deux dernières années, ce n’est qu’un commencement, on a vraiment hâte de voir la suite.

Un gros merci pour votre soutien.